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aussi tous, à l’exception de deux, ont envoyé des procurations dont lecture est donnée. En ce moment, le chancelier Étienne Tuvache sort de la chapelle capitulaire, précédé du messager, des trois témoins et des trois notaires ; il va aux portes de l’église appeler les chanoines absents, et toutes les personnes, en général, qui prétendraient avoir intérêt à ce qui va se faire : « Venez (dit-il), a l’eslection de l’archevesque de ceste esglize de Rouen, que veulent faire présentement les chanoines d’icelle esglize en leur chapitre, vous qui y prétendez droit ; ou aultrement, ils y procéderont par voye de droit, sans plus vous appeler ou actendre. » Puis il appelle trois fois, à haute voix, les deux chanoines Jean Lenfant et Guillaume Leboursier, qui n’ont ni comparu ni envoyé de pouvoirs ; mais personne ne répond à cet appel. Après donc que le chancelier est revenu faire connaître au chapitre l’inutilité de cette dernière semonce, tous les chanoines, la main sur les saints évangiles, jurent, en leur nom et au nom de ceux dont ils ont les pouvoirs, « d’élire un archevêque digne, utile à l’église ; de ne point donner leur voix à celui qu’ils pourraient, à bon droit, soupçonner d’avoir brigué cette dignité, ou par sollicitation, ou par promesse d’argent. » C’est la formule consacrée par le concile de Bâle.