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vous venez d’entendre, à la bonne heure ; mais d’aller en chapitre, il n’y a pas d’apparence ; car (ce furent ses termes) convient-il que nous, laïques, allions prescher les gens d’église ? »

Mais si les lettres de Charles VIII et du duc d’Orléans les avaient rendus si perplexes, que dirent-ils en apprenant que des commissaires extraordinaires du roi venaient d’arriver à Rouen, avec charge expresse de solliciter, en son nom, l’élection de l’archevêque de Narbonne ? Et quels personnages avaient été chargés de cette mission délicate ! Un maréchal de France, d’abord, Baudricourt, gouverneur de Bourgogne, dont le nom était mêlé à toutes les guerres, à toutes les grandes affaires de ce temps-là, un lion sur les champs de bataille, puis, après le combat, négociateur adroit et sage, employé naguère avec succès par Louis XI auprès des cantons suisses (c’était tout dire) ; et maintenant, il était envoyé par Charles VIII pour négocier avec des chanoines de Notre-Dame de Rouen ! Encore, des hommes éminents lui avaient-ils été adjoints par le monarque, pour le seconder dans cette mission délicate : c’était Jean du Vergier, chevalier, président des généraux des Aides à Rouen, et M. de Clérieu, chambellan du Roi.

Le duc d’Orléans, enfin, ne s’était pas oublié, et Jean Tiercelin sieur de Brosses, François de Roche-