Page:Aloysius Bertrand - Gaspard de la nuit, édition 1920.djvu/155

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


I

LA CELLULE


L’Espagne, pays classique des imbroglios, des coups de stylet, des sérénades et des autodafés.
Extrait d’une Revue littéraire.


.   .   .   .   .   .   . Et je n’entendrai plus
Les verrous se fermer sur l’éternel reclus.

Alfred de Vigny. — La Prison.


Les moines tondus se promènent là-bas, silencieux et méditatifs, un rosaire à la main, et mesurent lentement de piliers en piliers, de tombes en tombes, le pavé du cloître, qu’habite un faible écho.

Toi, sont-ce là de tes loisirs, jeune reclus qui, seul dans ta cellule, t’amuses à tracer des figures diaboliques sur les pages blanches de ton livre d’oraisons, et à farder d’une ocre