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DE LA DEMOCRATIE NOUVELLE.

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racines dans les diverses parties du territoire, de sorte qu’il n’existait pas, dans une seule province, quelque corporation intéressée à défendre la couronne.

En voilà assez pour prouver que le pouvoir royal fait un mauvais calcul en réduisant à rien l’autorité des communes.

On se plaint de ce que les hommes qui ont l’expérience des intérêts publics soient si rares dans les deux Chambres; mais où est l’école politique ouverte aux citoyens? où se forme l’esprit des anaires ? Voulez-vous diminuer, dans nos assemblées législatives, le nombre de ceux qui sont peu versés dans la pratique, désireux de couvrir leur ignorance par la déclamation, factieux même par désespoir d’être écoutés ? accordez davantage aux libertés de la commune. II importe à la sûreté de la couronne que les intérêts des provinces ne soient pas blessés par l’effet de cette Ignorance c’est donc à la royauté, qui doit veiller à supprimer tout sujet de grief, qu’il appartiendrait de souhaiter et d’accélérer le rétablissement de ces institutions locales, que jadis elle-même, préparant de loin sa ruine, avait si aveuglément détruites.

La presse n’est que la municipalité pensante. Rétablissez la municipalité délibérante et agissante, et la presse ne sera plus l’injuste écho de ce désir perpétuel du mieux, de ce funeste amour