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NOTES.

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d’homme n’y suffirait pas, je me suis renferme, monsieur le ministre, dans le cercle que me tracaient vos instructions, et je n’ai plus songé qu’à la mise en œuvre des deux premières parties du recueil, la collection des chartes municipales et celle des statuts des corporations d’arts et métiers. Pour arriver à la découverte des pièces inédites dont l’une et l’autre doivent se composer, il fallait qu’un dépouillement général fût entrepris à la fois dans toutes les archives de France. Le soin d’explorer les archives du royaume et les bibliothèques de Paris me regardait seu), mais, pour l’exploration des archives départementales ou municipales et des bibliothèques de provinces, je devais solliciter le concours des personnes honorées par vous du titre de correspondants de votre ministère. Le programme des deux collections leur fut transmis sous la forme d’une circulaire adressée eu votre nom; et, dès lors, je commençai à entretenir, avec ces hommes instruits et recommandables, un commerce de lettres que la coopération empressée de MM. les chefs de vos bureaux m’a permis de rendre très actif. Je dirai plus tard quels ont été, pour le progrès, de mon travail, les fruits de cette correspondance.

Il s’agissait de commencer à Paris la recherche des actes Inédit’. relatifs à l’organisation communale et a cet!e des corps d’arts et métiers, et pour cela, d’explorer l’ancien cabinet des chartes et les autres dépôts de manuscrits de la Bibliothèque royale, ainsi que l’immense dépôt des archives du royaume. Pour ce qui regarde la Bibliothèque royale, je comptais m’aider du dépouillement général des recueils non catalogués, qui s’exécute, d’après vos ordres, sous la direction éclairée de M. Champollion-FIgeac. Mais, comme ce travail est encore bien loin d’être achevé, le sefours qu’il me promettait ne devait pas être de longue durée, et d’ailleurs, privé de la vue comme je )e suis, une pareille entreprise était pour moi hérissée de difficultés de tous les genres. Heureusement, je rencontrai une assistance inespérée dans l’intelligence et le zèle de mon collaborateur, M. Martial Delpit, élève de FÉcoIe des chartes. Ce jeune homme, doué de qualités d’esprit. rares à son Age, d’un sens parfaitement juste et éminemment pratique, d’une conception prompte et d’une grande ponctualité d’exécution, m’a rendu possible une œuvre tl’investigations minutieuses que d’avance je craignais d’aborder. Comme, durant plusieurs mois, je n’ai eu d’autre aide que la sienne, une grande par! lui appartient dans les résultats effectifs du travail de cette année. résultats que je vais essayer, monsieur le ministre, de vous faire connaitre en détail.