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DE LA DEMOCRATIE NOUVELLE

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gouvernement lui donne dos svmpathies, des besoins, des devoirs.

Touchant à la fois à la monarchie et à la démocratie, nous avons quelque chose de commun avec les gouvernements tout monarchiques et avec les gouvernements tout républicains; mais, oomme dans les premiers se trouve une puissante aristocratie et que, chez les seconds, le bas peuple régne, la ressemblance n’est qu’apparente. Nous sommes la seule monarchie sans noblesse, et l’unique démocratie sans autorité laissée a la multitude ce trait nous distingue entre tous et nous isole pour longtemps sur la terre. Les aristocraties étrangères ne nous pardonnent pas d’avoir détruit la nôtre et pris sa place; les républiques nous en veulent d’avoir fait une démocratie pour les classes moyennes.

S’il est vrai que notre forme de gouvernement doive venir la dernière chez toutes les nations, comme étant la plus raisonnable et la plus juste, les peuples seront d’autant plus prêts de se dire nos amis, qu’ils le seront plus de nous ressembler.

Quand nous verrons, dans un État, la bourgeoisie riche, éclairée, nombreuse, tournons les yeux de ce côté; il s’y prépare un allié pour nous. Si la couronne est en lutte quelque part contre les grands souhaitons qu’elle triomphe