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Page:Alletz - De la démocratie nouvelle, ou des mœurs et de la puissance des classes moyennes en France - tome II.djvu/299

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Charte de 1830. S’il est vrai que la royauté ne remplisse jamais mieux sa destination que lorsqu’elle est la constitution faite homme, on s’explique la fureur avec laquelle se renouvellent les tentatives régicides. Dans un monarque ce n’est jamais l’homme privé qu’on hait, mais l’état de société qu’il résume et quand les Clément les Ravaillac, les Damien les Louvel, les Ficsclii, les Alibaud, les Meunier attentent sur les jours du prince régnant ou de l’héritier de la couronne, ce n’est pas l’individu, mais la loi qu’ils assassinent

Les lois que la royauté nouvelle propose les ordres qu’elle donne, le langage qu’elle tient, la vie qu’elle mène, les travaux qu’elle préfère, les plaisirs qu’elle recherche, actes paroles, talents, vertus, passions même, tout doit chez elle Nous ne voulons pas dire qu’il faille toujours conclure de ce qu’un souverain est menacé dans sa sûreté personnelle, que son règne soit conforme au vœu national; il y a trop de tyrans qui ont péri de mort violente mais notre raisonnement tend à prouver que ces attentats ne sont commis que pour changer l’état de la société de sorte qu’on pourrait admettre que ce sont, en général, les meilleurs et les plus mauvais princes dont les jours sont le plus exposés parce que le caractère personnel des uns et des autres influe tellement sur la marche du gouvernement qu’on voit tout l’État dans leur personne