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DE LA DÉMOCRATIE NOUVELLE.

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sion choisie dans le sein de ces deux assemblées. Aucune de ces promesses ne fut remplie. Les Bourbons profitèrent de la décision du Sénat conservateur qui les appelait au trône, mais en laissant silencieusement à couvert le droit d y remonter en vertu du principe de la légitimité. Quant à l’engagement de mettre sous les yeux des deux grands corps de l’État la constitution destinée à nous régir, Louis XVIII vint lire, dans une séance d’ouverture, aux deux Chambres assemblées, une charte complète à laquelle il ne permettait plus de toucher.

« Et voilà comme il remplit sa foi royale Toute la France devait croire qu’il avait pris l’engagement d’appeler les deux corps de l’État à délibérer sur son ouvrage, mais il élude sa promesse par un jeu de mots selon lui, mettre la Charte sous les yeux des Chambres, c’est la leur faire lire. Par cet escamotage subtil, indigne de la loyauté d’une ame royale, il croit avoir affermi sa puissance, et il prépare la ruine de son successeur. La Charte octroyée semble laisser au roi le pouvoir de sauver l’Etat. Cette vague disposition, reçue sans examen, réserve aux Bourbons la faculté de se perdre et c’est par là que leur monarchie périra M

Tableau de l’Itistoire générale de l’Europe, depuis 1814jusqu’en i83o, par Edouard Alletz; tom. t", p. 4~’