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Page:Alletz - De la démocratie nouvelle, ou des mœurs et de la puissance des classes moyennes en France - tome II.djvu/238

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DE LA DMtOCKATtr: NOUVELLE.

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L’astre de la monarchie absolue n’était encore qu’à son crépuscule, et cependant eut assez de force pour faire fondre, comme de petites gelées hors de saison, ces impuissants complots connus sous le nom de Fronde, durant la minorité de Louis XIV.

La noblesse étant mise à bas, il ne tint pas au ~rand roi que le tiers-état ne succombât a son tour. Il aurait cessé d’être s’il pouvait mourir. H était né, comme nous l’avons vu, de la liberté des communes et de la protection de i’Ëgtise. Louis XIV le poursuivit dans ses deux origines il réduisit au néant les franchises provinciales’, Louis XIV fit crouler, à la fois lés derniers vestiges du régime féodal et des libertés communales en envoyant, dans les provinces, des commissaires pour y représenter l’autorité de la couronne. H fut le père de ce système qu’on a appelé, depuis, l’a~/M;~A’<ra~on. Le souverain cessa de communiquer avec le peuple l’opinion publique demeura sans voix. M. de Boulainvilliers décrit, en ces mots les abus de cette administration provinciale dépourvue de contrôle par suite de la création des intendants « Le peuple imagina que l’intendant serait un protecteur pour lui contre l’autorité de la noblesse qui ne laissait pas de l’incommoder encore. Il n’a appris que longtemps après, par une expérience bien douloureuse que ces nouveaux magistrats devaient M être les instruments immédiats de sa misère que la vie, les biens, les familles, tout serait à leur disposition; maîtres des enfants jusqu’à les enrôler par force; maitres des biens jusqu’à ôter la subsistance; maîtres de la vie jusqu’à la prison, le gibet et la jonc.