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DE L~ DM’OCR.~TtE KOUYELLE.

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des seigneurs offrirent d’eux-mêmes la liberté aux habitants de leurs domaines, pour la leur vendre plus cher.

Toute la part que Louis le Gros prit à l’affranchissement des communes fut tantôt de ratifier les chartes déjà concédées, tantôt de faciliter les transactions en qualité de suprême médiateur, entre les seigneurs et leurs vassaux.

Il est facile d’imaginer que la politique royale, qui allait, dans ces temps, à miner le pouvoir des grands, le rendît prompt et généreux en faveur des communes.

Quoi qu’il en soit, la bourgeoisie française reconquit, les armes à la main, le droit de disposer de ses propriétés, de faire le commerce, de contracter mariage et de se porter librement d’un lieu vers un autre. Ici, elle se réserva de ne plus suivre les seigneurs à la guerre; la, de ne plus rien leur payer au delà d’une redevance fixée elle géra par elle-même ses affaires, nomma ses magistrats et ses juges, veilla à la défense de ses villes, en compagnies de milice, et se montra toujours prête à tirer violente réparation de toute atteinte portée à ses lettres d’affranchissement’. M. Guizot, ministre de l’instruction publique, a confié à M. Augustin Thierry, dont le nom est si cher à la science, le soin de rassembler les chartes de communes et les statuts municipaux des villes de France ainsi que