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LIVRE !X, CHAP. III.

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apres elle. Or, supposez qu’on se tienne aussi libre sous une royauté que dans une république; qu’il ne manque à celle-ci que son nom et ses violences; que le chef de l’État ne règne, lui et ses descendants, qu’en vertu d’un pacte dressé et proposé par la nation; supposez que la facilité du mouvement, la liberté des opinions, la grandeur des caractères qui sont dus à l’état républicain, soient rassemblées avec la stabilité dans les affaires, le bon ordre intérieur et la suite dans les conseils, que promet la monarchie, et vous aurez un gouvernement merveilleux qui fera la gloire et la joie des peuples; car la royauté héréditaire, unie à la démocratie, en corrigera les écarts et en supportera la mâle impatience.

De même, on a ouvert les yeux sur les abus que la centralisation produit dans un État libre. Il n’y a plus alors d’équilibre contre la tyrannie des majorités puis, les cabales et les brigues peuvent donner la puissance à quelques tribuns populaires qui, ramassant tous les fils du gouvernement entre leurs mains, établissent le plus hypocrite des despotismes; nous en avons souffert la terrible expérience en 93. La centralisation ne convient qu’à un gouvernement absolu et militaire. Là où règne une volonté unique elle doit circuler partout sans obstacle, pour être obéie aussitôt que connue. Mais la liberté publi-