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DE LA DÉMOCRATIE NOUVELLE.

t76

Le dégrèvement des contributions foncières a été, pendant longtemps, considéré comme la disposition qui pouvait amener les effets les plus salutaires pour l’agriculture.

sur le sel, il suffit de faire connaître l’utilité de son emploi. » Le sel est le premier besoin pour les animaux ruminants il sert d’assaisonnement à leur insipide nourriture il excite les forces de leurs estomacs membraneux et débiles il prévient les obstructions et les engorgements que produisent constamment les fourrages secs pendant l’hiv er. » On a généralement observé que ceux de ces animaux qui broutent habituellement des plantes salées sont préférables dans le commerce et que leur chair est de qualité supérieure.

Il n’y a pas d’agriculteur qui n’ait pu comparer entre eux à la fin de l’hiver, les animaux qui ont reçu constamment leur ration de sel et ceux qui en ont été privés. Les premiers sont très bien portants forts et gras; leur poil est luisant, l’œil vif et les mouvements prompts et assurés. Les seconds offrent l’image de la misère et de la souffrance. Les bêtes à laine ont perdu la presque totalité de leur toison avant la tonte, et ce qui reste se détache et tombe en flocons de toutes parts. Ce n’est qu’après avoir brouté les herbes fondantes du printemps que leur santé se rétablit.

» Pendant le t~mps que le commerce du sel a été libre et dégagé de tout impôt, l’agriculteur en étendait l’usage chaque année il le mêlait avec les engrais pour les rendre plus actifs; il le répandait au pied de ses arbres languissants pour en ranimer la végétation; il multipliait ses salaisons, soit pour les livrer au commerce, soit pour les employer à sa nourriture.

» L’impôt sur le sel est une calamité pour l’agriculture il a tari plusieurs sources de sa prospérité, et il lui coûte infiniment plus qu’il ne rapporte au Trésor public. (C)!APTAI..)