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DE LA DEMOCRATIE NOUVELLE.

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tection que la législation pût accorder en ce moment à l’agriculture serait de réduire les droits proportionnels établis sur les baux à terme, quelle qu’en soit la durée; et, bien plus, au lieu de faire continuer le prélèvement de ces droits, dès que le terme des baux dépasse neuf ans, d’offrir plutôt une prime aux fermiers qui souscriraient des engagements plus prolongés. Notre régime hypothécaire élève l’intérêt de l’argent prêté au propriétaire jusqu’à 7 pour 0]0. Le revenu du sol ne dépasse pas 2 !~2 pour 0]0. Le rapprochement de ces chiffres suffit pour faire comprendre les ruineuses conséquences de ce système pour l’agriculture.

N’est-il pas absurde et injuste que la garantie de la propriété ne vaille pas celle de la signature commerciale qu’un négociant trouve à bon compte l’or dont il a besoin, en se bornant à engager son nom; et que l’agriculteur achète à si haut prix des avances hypothéquées sur son bien, sur son champ, sur ce sol qui ne fuit pas comme le gage mobile inventé par le crédit? Le total de la propriété foncière en France peut être évalué à 50 milliards. Or, les hypothèques existantes (non compris les hypothèques légales) s’élèvent à 500 millions, représentant l’intérêt d’un capital de 10 milliards. Ainsi le cinquième de la terre que nous habitons est mis en gages.