Page:Alletz - De la démocratie nouvelle, ou des mœurs et de la puissance des classes moyennes en France - tome II.djvu/158

Cette page n’a pas encore été corrigée


DE LA DEMOCRATIE NOUVELLE.

154

injuste envers le pouvoir; on le mettrait aux prises avec l’esprit de son origine et le bon sens; et l’équité aurait souvent à rougir de ce tribunal devenu le pire de tous. La conclusion de tout ceci est que le jury, laissé à lui-même, respecté dans ses attributions naturelles, fonctionnant comme tribunal populaire, est la plus admirable des institutions; qu’elle remplira toujours parfaitement son objet toutes les fois qu’il s’agira, pour elle, de protéger les citoyens les uns contre les autres, de punir le crime et de résister à la tyrannie; que, si le gouvernement s’adresse à cette institution en matière politique il doit se résigner à voir quelquefois son attente déçue que si, loin de se décourager, il ne lui retire point sa confiance et accepte les imperfections de l’institution, en somme il n’aura pas autant à en souffrir qu’il pouvait le craindre; que les jurés le serviront à leur mamCi’e et non à la sienne, mais qu’enfin ils k serviront; et que si, d’ailleurs, la constitution lui permet, dans les graves périls, de confier un autre tribunal la cause de sa puissance outragée ou compromise, il agira sagement en usant de cette extrême ressource

Ces réflexions nous servent à appuyer ce que On comprendra que nous faisons ici allusion à la Chambre des pairs transformée en cour de justice.