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DE LA DEMOCRAT!Ë NOUVELLE

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d une sensibilité inconnue, saisie d’horreur pour les régions froides et monotones de la vie, vient se plonger avec fureur et se désaltérer avec le soufre et la flamme au dérëglement dans le plaisir, au scandale de ces fêtes où l’orgie masquée mène le tourbillon de la danse où les mystères obscènes des jeux du paganisme se renouvellent pour assouvir l’appétit d’émotions bizarres qui est au fond de tant d’ames malades a l’oisiveté générale qui ne sait où se prendre, se passionne pour le vol d’une mouche et bâille a l’orage à l’indiscipline qui, dans l’armée, ronge les courages oisifs aux fâcheuses divisions qui séparent les plus zélésserviteurs du nouveau gouvernement, et sont dues à l’absence de toute grande idée propre à donner un but à la politique générale à l’attention trop profondément excitée par les discussions parlementaires, devenues une manière de pièces de théâtre, où le gouvernement remplit le premier rôle pour désennuyer la France; enfin aux émeutes, aux sociétés secrètes, aux homicides complots, jeux terribles engagés par le crime avec la Providence, épidémie d’assassinats, qui suspend à la pointe d’un obscur poignard le sort de la société, et fait de la plus généreuse, de la plus spirituelle et de la plus sensible de toutes les nations, un objet de surprise, d’indignation et d’épouvante pour le reste du monde.