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LIVRE VU, CHAP. XXX.

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les maîtres, surtout à une époque où les études sortaient à peine du chaos révolutionnaire, où il ne demeurait plus que quelques vieux membres des anciennes congrégations enseignantes, échappés à l’exil et à la mort, incapables de comprendre le mouvement nouveau qu’il fallait imprimer à la pensée, et de créer ce haut enseignement dont aucun exemple ne se rencontrait dans leurs traditions.

Aussi tout demeura stérile, et quand, en 18~6, une ordonnance supprima dix-sept Facuttés des lettres et trois Facultés des sciences, elle ne porta aucun dommage réel. C’était, au contraire, un pas vers un meilleur avenir, si, à côté de cette destruction d’écoles isolées et misérables, s’était placée la fondation de cinq ou six grands centres d’études complètes, approfondies encyclopédiques, constituées sur le modèle de l’enseignement parisien; si à la dotation convenable des chaires s’était jointe la création de bibliothèques, de collections et de toutes les ressources nécessaires aux essais, aux expériences, aux encouragements.

» Mais rien de tout cela ne fut fait. » La science et l’émulation meurent en province, il faut les y ranimer les élèves se concentrent dans la capitale, il faut les retenir plus près des foyers paternels l’enseignement de