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LIVRE VU, CHAP.XX VU!.

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plus, et il s’agit de savoir si l’avantage, pour le gouvernement, de conduire tout le royaume avec un fil compense aujourd’hui le danger que présentent la concentration de la vie politique autour du siège de l’autorité exécutive, l’extinction des libertés provinciales et le malaise vague de ces parties constitutives du royaume, qui formant des communautés de mœurs et d’intérêts, en dépit des partages factices, ne sont ni comprises, ni représentées, ni défendues dans le concert et la totalité de leurs besoins et de leurs vœux.

En effet, on n’a pu anéantir la province; elle est immortelle comme le climat, les barrières des fleuves, la cime des montagnes, les souvenirs de l’histoire et les effets du temps. La province existe encore dans la similitude des Intérêts communs aux départements entre lesquels elle est aujourd’hui divisée; or, ces Intérêts, pour être connus appréciés et servis, devraient être aperçus dans leur ensemble et interprétés selon le nœud naturel qui les unit, tandis que les départements qui ont procédé du démembrement de la province demeurent étrangers les uns aux autres, et que chaque conseil général se renferme dans la solitude où le rejette la circonscription administrative.

S’ensuit-il de là que nous poussions 1exagé-