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grandeur d’une âme ouverte au respect de tous les cultes sérieux. On peut nier Dieu et se placer en dehors de cette notion ; du moment qu’on cherche sérieusement le vrai, on est dans le droit humain et dans le droit divin, car si Dieu a mis en nous l’esprit d’examen, c’est pour qu’il nous serve. Mais il faut reconnaître alors que l’affirmation de la divinité est un droit tout aussi sacré. Je suis du côté de ceux qui peuvent s’affirmer Dieu à eux-mêmes, et, sans haïr ni redouter ceux qui le suppriment, j’ai beaucoup de sympathie pour cette âme fervente qui n’est point exclusivement chrétienne, et qui entre tranquillement dans les temples de son temps et de son pays, sans renoncer à sa personnalité, à ses sentiments et à ses idées.

Quant au grand combat de la vie livré par elle et terminé si bravement, choque-t-il la raison, le droit personnel, qui est de se sacrifier à une croyance ferme et raisonnée ? Non assurément. Choque-t-il la morale ? Dans cette situation particulière et avec ce fonds de grande loyauté et de parfaite tolérance qui caractérise madame de Saman, nul n’est autorisé à jeter la pierre, et, pour mon compte, tout en faisant, en théorie, certaines réserves que je n’ai point à dire ici, je lui jette une couronne de roses à feuilles de chêne.

GEORGE SAND.