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druidiques, les ruisseaux limpides, le bruit du vent, les harmonies de l’orage ; nature sans éclat, sans chaleur, sans soleil, mais rêveuse, orageuse, inspiratrice, » « … Dans ce lieu, je suis vraiment née, si naître c’est sentir, c’est aimer. »

C’est là en effet qu’elle rencontre un homme dont elle dépeint avec complaisance la beauté idéale et dont elle montre l’esprit supérieur. Dès lors, nous assistons à des alternatives de passion ardente et de sagesse stoïque qui nous causent un certain étonnement. On se demande comment tant de raison s’est alliée à tant d’ivresse, et pourquoi cette raison si forte n’a pas su vaincre la soif de vivre à tout prix. L’éducation virile ne garantit donc pas mieux la jeune fille qu’elle ne préserve le jeune homme ?

Non, mais chez l’un comme chez l’autre, elle rend les chutes moins irréparables et guérit les blessures. Elle les guérit même si soudainement chez madame de Saman, qu’on se prend à douter que les passions aient été bien vives. On ne s’étonnerait pas que, sous le coup de ces agitations, elle eût écrit ou lu des romans avec d’autant plus d’ardeur et de facilité. Mais ce ne sont pas les romans seuls qui l’ont arrachée aux secrètes angoisses, c’est surtout l’histoire et la philosophie, c’est une variété et une continuité d’études sérieuses et de productions utiles et remarquables, où elle s’isole et se plaît passion-