Page:Alhaiza, Cybèle, voyage extraordinaire dans l'avenir, Georges Carré, 1904.djvu/77

Cette page a été validée par deux contributeurs.
79
CYBÈLE

— Nous voilà proches de terre. Dans moins d’une heure nous serons rendus. Connaissiez-vous l’Alger de là-bas, mon cher Marius ? questionna le professeur.

— J’y ai passé quelques journées agréables en 1884 et j’aurai du plaisir à revoir son magnifique boulevard de la République, sa place du Gouvernement et ses pittoresques quartiers arabes. Mais j’oublie déjà que tout cela doit être quelque peu changé dans Cybèle.

— Vous pouvez vous y attendre. De loin un peu d’illusion est possible, mais quand nous serons arrivés, vous ne reconnaîtrez plus rien, sauf quand il vous plaira de fouiller les cartons de nos musées où se conservent les plans de toutes les phases par lesquelles a passé la grande capitale depuis ses humbles commencements. Au temps qui correspondait au vôtre, l’ère australe commençait à peine, et la mer était encore presque à son plus bas niveau de ce côte-ci du globe, mais depuis bien des siècles déjà, l’océan nous envahit, reprenant possession de son ancien lit et regagnant peu à peu ses anciennes lignes de rivages dont vous avez pu vous-même reconnaître de visibles traces dans ces curieuses grottes à coquillages marins qui doivent surplomber chez vous à une belle hauteur certains points de la côte algérienne. Maintenant c’est à la place même