Page:Alhaiza, Cybèle, voyage extraordinaire dans l'avenir, Georges Carré, 1904.djvu/231

Cette page a été validée par deux contributeurs.
233
CYBÈLE

maine. Pour ceux qui se soumettaient au régime de l’engourdissement périodique, de sommeil en sommeil, de renaissance en renaissance, des temps considérables s’écoulaient, et les quatre-vingts ou quatre-vingt-dix ans d’une vie normale d’homme pouvaient s’économiser pour se répartir en plusieurs fractions au cours d’une assez longue suite de siècles.

Et quand nous disons quatre-vingts ans, nous ne parlons que de ce qui était en Cybèle la moyenne ordinaire de la vie humaine car la durée de l’existence, considérablement augmentée par un parfait bien-être, et surtout un régime presque entièrement végétal, comme le veulent de préférence les organes de nutrition de l’homme, atteignait et dépassait souvent un siècle et demi sans qu’il y eut prodige. C’est-à-dire que la mesure de la vie humaine était doublée.

Notre ami n’était pas sans avoir lu dans les revues de son temps la relation que donna le docteur viennois Hennigberger, de son séjour chez le rajat de Lahore, durant lequel il fut témoin d’un fait de cet ordre. Le docteur avait suivi jour par jour les préparatifs minutieux d’un de ces fakirs, son entraînement méthodique par l’abstinence et le ralentissement graduel du jeu de la respiration, le nettoyage et le ressuyage de l’estomac, l’obstruction de la gorge au moyen de sa