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CYRILLE DE JERUSALEM (SAINT N


le pardon par les mérites de Jésus-Christ. Dom Toultée, diss. III, c. v, col. 197 ; Schwane, t. ii, p. 365. Suivant les autres, il ne s’agit que des anges pécheurs, punis par Dieu moins sévèrement que leurs péchés le méritaient. Dom Ceillier, a. 1, n. 6. Suivant une dernière opinion, Cyrille veut dire, ou que les bons anges avaient commis quelque péché, inconnu de nous, et que Dieu le leur avait pardonné, où même simplement qu’ils pouvaient tomber, comme les démons, et qu’ils sont redevables de leur persévérance à une miséricorde spéciale de la part de Dieu. Grancolas, p. 57, note 20. Aucune de ces interprétations n’est certaine. La première est très difficile à concilier avec ce que l’auteur des Catéchèses, expliquant ailleurs ces paroles de l’oraison dominicale : Fiat volunlas tua, quemadrnodum in cselo, sic et in terra, dit du plein accomplissement de la volonté divine par les esprits célestes : tô toO 0soO SéXnifia notovvi, xxiii, 14, col. 1120. D’ailleurs, puisque le membre principal de la phrase porte : otoc y.où i.y(iloi ; (ruvev(opT)(TE, tout ce qu’il a pardonné aux anges, rien ne prouve qu’il s’agisse d’une indulgence divine qui s’exerce encore maintenant. La raison alléguée par dom Touttée pour exclure les mauvais anges n’est pas efficace ; car, en cet endroit, l’orateur ne prétend nullement rapporter un exemple de pénitence, mais seulement une application de la miséricorde divine en dehors du genre humain. Rien, par contre, n’autorise à restreindre l’assertion aux démons, à cause de la généralité du terme, àyyiloi ;, et du principe invoqué : ei ; jiévoç àvaij.ipTr.Toç, etc. Saint Cyrille peut viser les anges en général, sans vouloir que la miséricorde divine se soit appliquée à tous de la même façon. Pour ce qui concerne les bons anges en particulier, il est possible qu’il fasse allusion à une conception de leur épreuve suivant laquelle nul n’aurait été parfait, mais tous auraient eu besoin ou d’indulgence proprement dite ou d’un secours spécial de préservation. Cette interprétation semble mieux répondre à l’ensemble de la doctrine cyrillienne sur les saints anges ; mais comme l’auteur des Catéchèses ne s’explique nulle part, s.i pensée sur ce point reste forcément obscure et ambiguë.

8° Hommes : nature, élévation et chute originelle, état présent. — C’est par une préoccupation manifestement apologétique que saint Cyrille est amené à donner à ses auditeurs une connaissance ferme et précise de ce qu’ils sont, iv, 8 sq., col. 477. Il les voit entourés de païens et d’hérétiques qui professaient sur la nature de l’homme les plus graves erreurs : fatalistes, qui attribuaient tout à l’influence des astres ou à un aveugle hasard ; gnostiques ou manichéens, qui faisaient du corps le siège du péché, en regardant la matière comme l'œuvre mauvaise d’un principe mauvais, ou qui distinguaient deux catégories d'àmes, les unes bouilles autres mauvaises de leur nature ; pvlhagurisles enfin et origénistes, suivant lesquels l âme viendrait en ce monde chargée de péchés qu’elle aurail comm idans une vie antérieure Le docteur palestinien oppose à toutes ces erreurs la doctrinr catholique de l’homme double en ses éléments constitutifs, de l’homme animal raùonnable, , / oyix6v, c’est-à-dire composé d’un corps matériel et d’une âme spirituelle, l’un et l’autre ayant Dieu pour auteur. L’Ame, image raisonnable de Dieu kii, 5, col. T.'ï-J. est le chef-d’o ce divin ouvrier ; incorruptible, Immortelle, surtout douée de liberté, el par là malti et res| Poinl d influence astrale ni d’aveugle hasard qui la Fasse pécher ; poinl de vie antérieure ou elle iil d abord péché. Nulle divi

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femmes. poinl qui per ttent de d

lies qui de leur nature raient et o Iles qui de leui nature feraient le bien. sont d’une même nature, el pour toutes la i

du bien et du mal est à chercher dans l’usage, bon ou mauvais, du libre arbitre. Le diable peut suggérer le mal, il ne peut pas violenter la volonté. Le corps, œuvre admirable d’un Dieu bon et sage, n’est pas davantage la cause du péché ; de lui-même, il n’a ni vie ni mouvement ; c’est l'âme qui s’en sert comme d’un instrument de péché, quand elle en abuse ; uni à une àme pure, il devient le temple de l’Esprit-Saint.

L’auteur des Catéchèses ne traite pas ex professo de l'élévation primitive de l’homme à l'état surnaturel, mais il la suppose constamment, en particulier dans le passage où, voulant expliquer la venue du Fils de Dieu en ce monde, il rappelle la formation du premier homme et son séjour dans le paradis terrestre. Outre ce qu’il insinue de l'état privilégié où, dans sa nature entière, se trouvait Adam, immortel alors et innocent, il, 4 ; ix, 15 ; xiii, 2 ; xx, 2, col. 389, 653, 773, 1080, il distingue dans le célèbre texte de la Genèse, i, 26 : Faciamus hominem ad imaginent et similitudinem nos tram, ces deux idées d’image et de ressemblance divine ; et tandis qu’il voit l’image de Dieu dans la participation faite à l’homme de la raison et de la liberté, il place la ressemblance divine dans la communication du Saint-Esprit, cet universel sanctificateur de toutes les créatures raisonnables, anges et hommes, que Dieu a produites par son Verbe, xvii, 2, 12, col. 969, 981. Vint la chute. Quelle en fut la conséquence ? Adam garda en lui l’image de Dieu, xai t’o [j.èv y. at'îixdva, k’XaSe ; mais par sa désobéissance il fit disparaître de son àme la ressemblance divine, xb Se xa8' i’i |j. o 16tï]toc, Six Tr, v 7 : apay.or|V f)|xaûpb><re, xiv, 10, col. 836. En même temps il déchaîna la mort sur tout le genre humain, xiii, 2, col. 773. Deux choses qui se tiennent comme la cause et l’effet, car c’est contre le pécheur que Dieu avait décrété la peine de mort ; aussi, dans la phrase déjà citée où il rappelle cette vérité, saint Cyrille suppose-t-il que le péché d’Adam avait placé ses descendants dans un véritable état d’inimitié avec Dieu : 'EyOpoi rip f, (xev QtoC Si' i|iapt(aç, xiii, 33, col. 812. C’est précisément pour réparer cette ruine originelle que le Fils de Dieu est venu sur la terre ; on particulier, pour rendre la participation divine à la nature humaine pécheresse, îvx r, àvOpio-o-r, ; r âp.apT(j)).ô ; 0eov y£VY)Tai xoiviovo :, XII, 15, Col. 741. Par le fait môme, l’universalité de la rédemption corrobore la solidarité de la chule primitive et l’universalité du péché originel : « Jésus-Christ a libéré tous ceux qui demeuraient captifs sous le joug du péché, il a racheté tout le genre humain, » xiii, 1, col. 772.

Contre cette doctrine d’un péché d’origine qui s'étend à tout rejeton d’Adam, deux assertions de saint Cyrille sont objectées. Celle-ci d’abord : « Kxxbv stuTeÇovdiov, [Yiii-.r^.x Kpooctpéffswe ; le (mal du pi est notre fait, c’est le fruit de notre propre volont. ii, 1, col. 381. Puis cette autre : a 'EXOovrsc ivajiipiniToi, vûv lv. 7rpoa, .p£'7î : it|iapràvo|iev J venus en ce monde sans péché, nous péchons maintenant de notre plein iv, 19, col. 180. — Réponse. — Pour comprend] e la portée de ces textes, il faut tenir compte des circonstances. L’orateur parle à des adultes qu’il veut prémunir contre les erreurs répandues autour d’eus sur la nature et l’origine du mal moral ; erreurs de i as ou

hérétiques déjà signalés qui le regardaient comme une substance, ou qui en cherchaient la cause en dehors de la volonté' libre.i créatui rai mnabli. qu’ils l’attribuassent à quelque agent estérieui

Il d n. Dieu même, SOil qu’ils y vissent le

fruil i ire intrinsèquement m. m

oil qu’ils eussent recours à l’hypothèse d’une existence

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structives de toute vie morale, l'évéque de Jérusalem, comme d’autan Péi orientaux, en |

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