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CONSTANTINOPLE (IVe CONCILE DE)


à II Thess., I, 0-10. L’expression : xa oi i.i oCtwç eyo/Tt ; àvâŒ( ;.a tatioTav, se retrouve textuellement dans un des anathèmes du VIIe concile. Mansi, t. xiii, col. 416.

On peut faire des images de Jésus-Christ, de la vierge Marie, sa mère immaculée, â^pâvrov (même épithète dans la définition de Nicée), des saints anges, des apôtres, des prophètes, des martyrs, en un mot de tous les saints. Les anges sont représentés sous les traits que leur donne l’Écriture. Dans l’idée des théologiens byzantins, défenseurs des images, l’icône doit reproduire, dans une certaine mesure, la forme de son prototype. Comme l’Ecriture est le seul livre autorisé qui nous parle des anges, il faut donc représenter ces êtres, dont la spiritualité n’est pas encore universellement reconnue, sous les traits qu’elle leur prête. Quant à Dieu le Père, on n’en parle point, parce qu’il est absolument spirituel : « Nous commettrions une erreur, dit saint Jean Damascène, si nous voulions fabriquer une image du Dieu invisible ; ce qui n’est ni corporel, ni visible, ni figuré ne peut être peint. » Oral., H, de imagin., P. G., t. xciv, col. 1293. Les artistes byzantins suivirent cette règle, mais les Occidentaux ne partagèrent point ce scrupule et ne se firent pas faute de prêter au Père éternel une forme humaine. Cf. Bréhier, La querelle des images, Paris, 1905, p. 56.

2° Canun 11e (8 grec). Mansi, t. xvi, col. 166, 404.

Veteri et Novo Testamento unam animam rationalem et intetlectualem habere hominem docente et omnibus deiloquis Patribus et magistris Ecclesiae eamdem opinionem asseverantibus : in tantum impietatis quidam, malorum inventionibus dantes operam, devenei’unt ut duas eum habere animas impudenter dogmatizare et quibusdam irratiuiudjilibus conatibus per sapientiam, quoe stulta facta est, propriam bæresim confirmare pertentent. Itaque sancta hæc et universalis synodus veluti quoddam pessimum zizanium nunc germinantem nequam opinionem evellere festinans. imo vero ventilabrum in manu veritatis portans et igni inextinguibili transmittere omnem paleam, etaream Christi mundam exhibere volens, talis im-~ pietatis inventores et patratores et his similia sentientesmagna voce anathematizat et définit atque promulgat, neminem prorsus habere vel servare quoquo modo statuta hujus impietatis auctorum. Si autem quis contraria gerere prasumpserit huic sancta ? et magna ? synodo, anathema sit et a fide atque cultura christianorum alienus.

Tï ;  ; rca/.aiâ ; te xai xaivi, ; Staôïjxrj ; piav h-jyr^i loyixvjv te xai voepàv ÊcSaaxo’J-Oii S"/etv tûv av8pio7C0V, -/.ai

Alors que l’Ancien et le Nouveau Testament enseignent que l’homme n’a qu’une seule àme, raisonnable et intelligente, et que tous les Pères inspirés de Dieu et docteurs de l’Église affirment la même doctrine, certains esprits, faisant le métier d’inventer des dogmes pervers, en sont venus à ce degré d’impiété d’enseigner effrontément qu’il a deux âmes, et poussés par une sagesse qui s’est tournée en folie, ils cherchent à appuyer leur hérésie par des raisonnements qui n’en sont pas. C’est pourquoi ce saint concile œcuménique, se hâtant d’arracher cette mauvaise doctrine qui a poussé de nos jours comme une détestable zizanie, ou plutôt portant à la main le van de la vérité, et voulant livrer à un feu inextinguible toute la paille et purifier l’aire du Christ, anathématise hautement les criminels inventeurs d’une telle impiété et ceux qui partagent leur sentiment. Il arrête et déclare aussi qu’absolument personne ne doit posséder ou garder de quelque manière que ce soit les écrits des auteurs de cette impiété. Si quelqu’un a l’audace de tenir une conduite contraire aux décisions de ce grand et saint concile, qu’il soit anathème et exclu de la foi et de la religion chrétienne.

Alors que l’Ancien et le Ni uveau Testament enseignent que l’homme n’a qu’une seule àme, raisonnable et intelli TtavTtdv -l’îi-i Ber|Y<Sp<0v —-x-ipwv /.ai SiSaaxâXcav tvjc’Ey.-/.~/.r, ’j i y. t/, v « Ûttjv îo^xz x « Te(/.7ueôoûvT(i>v, eiat ivno £-jo’j-j/jxz/zn avtôv So^aÇovr ;  :, /.ai Tiotv ao~uX-XoVforotc Ëirr/eipï||MKTi tv.v : -/v xparjvouatv ai’pEaiv Y| toîvjv à-yi’a xai oÎxo - jjj.£-VMW | a- ! /T-/) tÛvoîoç tov ; t/ ( ; Toia-^TT, ; àc£Ô ::a : ygvv^TOpaç xa’i to-jç ôp.osppovoOvTa ; aOroï ; àva’JEU.a-iîct |AeYaXoçtûvco ; - el’jï « { Ta evavrsa ToO Xoitto’j ToXtirjo’ei Xévetv, àvàOôua ï<jiu>.

gente, et que tous les Pores inspirés de Lieu et docteurs de l’Église sanctionnent la même doctrine, il en est qui soutiennent qu’il a deux âmes et étaient leur hérésie sur de faux raisonnements. C’est pourquoi ce saint concile œcuménique anathématise hautement les inventeurs d’une telle impiété et ceux qui partagent leur sentiment. Si quelqu’un ose dési rmais dire le contraire, qu’il soit uiiuthème.

Par ce canon, le VHP concile affirme l’unité d’firne dans l’individu humain et condamne d’une manière générale la doctrine du dualisme psychique.

L’Écriture et les Pères enseignent que l’homme n’a qu’une Ame, et que cette àme est raisonnable et intelligente. C’est ainsi que nous traduisons uiav ]rjyr l -i y.-/)v te xai vospàv, à la suite du P. Rader. Mansi, t. xvi, col. 403. Certains théologiens, imbus des théories gunthériennes, ont tenté une autre interprétation. On sait que Gùnthcr admettait l’existence dans l’homme d’une âme sensible distincte de l’àme raisonnable et spirituelle. Pour ne point tomber sous la condamnation de ce canon, ses disciples ont prétendu que le concile a simplement voulu enseigner qu’il n’y a dans l’homme qu’une seule âme raisonnable et non deux, sans exclure l’existence d’une àme inférieure, principe de la vie si nsitive ; que, par suite, la condamnation du dualisme doit se prendre par rapport à l’âme raisonnable, et non par rapporta l’âme en général considérée comme principe de vie. Cf. Hefele, Histoire des conciles, t. V, p. tiiti. note. Mais le contexte, sinon la syntaxe, s’oppose à cette exégèse. Les adjectifs : Xoyixt|v te y.a : voepàv, ne jouent point ici le rôle d’épithètes dans le sens grammatical du mot ; elles constituent une sorte d’apposition, ou même d’attribut par rapport au verbe ï’/ew, c’est comme s’il y avait : uuxv 4’U X’1 V Ào- ; ’.-/.r, v te /.ai voepàv ojirav. Ce qui le prouve, c’est que le concile, parlant de ceux qui soutiennent que l’homme a deux âmes, ne dit pas : ôuo J/vj/à ; Xoyixâ ; te xai voEpà :, mais simplement ô-jo l-jya :, deux âmes, quelle que soit leur nature.

Le concile dit que tous les Pères inspirés de Dieu et docteurs de l’Église, enseignent l’unité de l’âme dans l’homme. Pour juger de la vérité et de la portée de cette assertion, voir AME chez les Père*, t. i, col. 977.

Quelle forme de dualisme psychique le concile vise-’-il dans ce canon ? Il est difficile de donner à cette question une réponse précise. Ce peut être ou le dualisme de la trichotomie platonicienne, tel qu’il a été soutenu par Apollinaire et repris par Giinther ; ou le dualisme manichéen, d’après lequel il y a dans l’homme une âme essentiellement mauvaise, sortie du royaume des ténèbres et principe de la vie sensible, et une âme bonne, fille de la lumière, principe de la vie spirituelle ; ou enfin le dualisme des messaliens, qui enseignaient que l’homme pouvait avoir deux âmes ; l’une commune à tous, l’autre céleste et n’étant possédée que par quelques-uns, qui l’acquièrent par leurs mérites. Cf. Hergenrôther, Plioliiis, t. m. p. 445. L’incertitude pourrait être levée dans une certaine mesure, si l’on connaissait par ailleurs les partisans de l’erreur condamnée. Mais le canon ne nomme personne. Il laisse seulement supposer que l’hérésie a été mise en vogue par plusieurs qui l’ont défendue dans des écrits pleins de sophismes, et que leur propagande a obtenu un certain succès.

Il est cependant quelqu’un qui a été accusé d’avoir