Ouvrir le menu principal
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
69
LE RETOUR DE JACQUES CLOUARD

ches forcées ! Ensuite un triste lendemain : les cinq mois du siège, l’inertie du gouvernement, le pain noir ! La triste découverte que l’étiquette seule de l’empire avait disparu, mais que rien ne serait changé dans les institutions ! Les inutiles larmes de Jules Favre à Ferrières, et les bulletins du général Trochu ! La famine, la capitulation, la paix honteuse ! Enfin, la commune.

Ici, une sorte de voile obscurcissait les souvenirs de Jacques. Il ne savait plus trop comment il s’était trouvé embarqué dans cette aventure. Pour suivre les camarades, assurément. Au commencement du siège, s’imaginant que les Prussiens allaient tenter une attaque de vive force, et qu’on ferait le coup de feu au rempart, il s’était engagé avec enthousiasme dans la garde nationale. Puis, revenu de ses illusions patriotiques, il était resté dans la garde nationale sédentaire, tout simplement pour les trente sous ; quarante-cinq, parce qu’il était marié.

Le 31 octobre, il avait bien fait partie des cent cinquante mille hommes qui s’étaient portés à l’Hôtel de Ville : le 18 mars, il s’était naturellement trouvé avec ceux qui voulaient que la garde nationale conservât ses canons : mais qu’avait-il fait personnellement, lui, Jacques Clouard, pendant ce second siège ? Mon Dieu ! absolument ce qu’il avait fait pendant le premier : rien ! Encore des nuits de garde, passées à défendre la mairie