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LE COLLAGE


XIII


Nuit du 13 au 14 mai. Onze heures du soir.

Rien ! pas rentrée !… J’aurais voulu ne pas croire mes yeux. C’est elle que j’ai perdue de vue au bas de l’avenue de Saint-Ouen. Pauvre Hélène !

Je sors de nouveau.


Minuit.

Toujours rien ! J’ai battu en vain le quartier sans la retrouver. Je vais l’attendre à la fenêtre.


Une heure.

La cité des Fleurs dort. Un ciel noir. Rien d’allumé que la lanterne du gardien. Si elle rentrait, dès qu’elle sonnerait à la grille, sous la petite lueur jaune du réflecteur, je la reconnaîtrais. Mais, depuis longtemps, personne ne sonne plus. Un grand silence. Dans la chambre, le tic-tac de la pendule. Au loin, quelque part dans la nuit, le souffle de colosse de Paris, qui se délasse. Un vent humide, m’arrivant en face, m’a chassé deux ou trois larges gouttes d’eau dans les yeux. Mais je ne pleure pas. Quelque chose m’étrangle un poids m’empêche de respirer, parfois un frisson me secoue tout entier, tandis que mon front brûle.

Je me remets à la fenêtre.


Deux heures.

Maintenant, elle ne rentrera plus. Que faire