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LE COLLAGE


10 décembre.

La chose est faite. Maintenant, Célina et moi, nous sommes ensemble.

La chose vient d’arriver à la suite d’une descente que Célina a risquée héroïquement chez la veuve, afin de repêcher au moins ses lettres et des photographies. Elle est revenue en larmes, suffoquée de douleur, la respiration lui manquant ; elle tremblait comme la feuille. La veuve s’était jetée sur elle, prête à la griffer et à la mordre, la traitant de voleuse, menaçant de la faire battre par sa bonne et par les autres pensionnaires. Alors, moi, pour consoler Célina, je l’ai prise dans mes bras et l’ai tenue longtemps contre ma poitrine.

— Infortunée Célina ! lui ai-je crié dans un élan de pitié lyrique, tu es chez toi désormais !… Sèche tes larmes ! Te voilà dans un port, à l’abri des tourmentes du sort et du ballotage des hommes… Ma petite femme, je te remplacerai peu à peu les frusques que t’a gardées cette mégère.

Et, séance tenante, je l’ai conduite dans un magasin de nouveautés, pour lui acheter une confection, de soixante-deux francs. Au retour, dans un bazar, nous nous sommes montés en vaisselle.


III


Trois jours après.

Notre « lune de miel » ne sera pas longue.