Ouvrir le menu principal
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
191
JOURNAL DE MONSIEUR MURE

moment dans la mienne, en lui disant avec une certaine solennité :

— Adieu… Hélène, adieu !

C’est fini. Non seulement je ne remettrai pas les pieds chez elle, mais je reprends demain matin le chemin de fer. Je sonne le garçon de l’hôtel pour régler ma note.


X


X…, septembre 1874.

Un an encore, sans que j’ai touché à ces feuilles déposées au fond d’un tiroir. En un an, rien.

Rien ! Je n’ai plus entendu parler d’elle. La vie ici continue, plate et monotone, grise. Il y en a qui se marient, il y en a qui meurent, et il y en a qui naissent. L’hiver dernier, le premier président et le procureur général ont donné beaucoup de dîners. Mais les de Lancy, qui commencent à être au bout de leur rouleau, ont passé six mois à Lancy, par économie, dit-on. Le Jauffret a des hauts et des bas, au baccarat. On le disait sur le point de revendre l’ancien chalet de Moreau mais la déveine a dû cesser, puisqu’il vient d’y mettre les ouvriers : on repeint la façade et il s’agit de toute sorte d’embellissements. La Jauffret, toujours une longue asperge, disgracieuse. Il y a trois nouveaux cercles sur le Cours. Et le conservateur des eaux