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Villemessant, fouilles ou le plus grand nombre de ses contemporains ont débuté. On charge ordinairement le Figaro des crimes de toute la presse, bien que sa besogne ne soit pas pire que celle des autres journaux. Pour moi, je n’ai pas été surpris de voir Zola, treize ans plus tard, rentrer dans le journal où il avait fait ses premières armes. Un vivant de M. de Villemessant, tout rapport avait cessé entre eux. En outre, le Figaro s’est maintes fois livré à de féroces éreintements du romancier. Mais je sais que ce dernier gardait quand même un bon souvenir de M. de Villemessant : il avait de la reconnaissance pour l’homme et de l’estime pour l’intelligence du maître journaliste.

Une belle année d’ailleurs, pour Zola, que cette année 1866-67. De la jeunesse, de l’enthousiasme, et les premières douceurs du succès ! Toutes les difficultés d’une vie jusque-là si difficile, subitement aplanies ! De la liberté, plus de travail de bureau le tenant à l’attache ! Et, avec cela, de l’argent plus qu’il n’en avait jamais eu ! L’été venu, il put s’offrir une débauche de verdure, aux bords de la Seine, à Bennecourt. Là, pendant quelques semaines, les amis de Provence, Baille, Cézanne, Marius Roux, Valabrègue, vinrent tour à tour ; et je vous laisse à deviner les parties de canot, coupées de discussions artistiques qui faisaient soudain s’envoler les martinets de la berge. A Paris, tout en restant beaucoup chez lui et en noircissant déjà pas mal de papier,