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Barbarus hic ego sum, quia non intelligor illis.


De ce jour, aussi, une sorte d’anathème s’attacha au fleuve fatal, et l’antipathie pour les Phanariotes s’accrut de la crainte qu’inspirait le voisinage de la Russie.

Il fait laid du côté du Pruth[1], dit un refrain populaire qui date de cette époque, et dans le même temps, le ressentiment national excité contre les Phanariotes substituait, dans la ballade de Codréan, au personnage traditionnel du Turc siégeant dans le divan princier, un Grec dont la vue arrache au héros cette imprécation :


Altesse princière,
N’écoute pas les Grecs ;
Car ils mangeront ta tête.
Le Grec est un serpent venimeux ;
Le Grec est un poison contagieux
Qui pénètre jusqu’aux os[2].


L’échauffourée d’Hypsilantis en 1821, le refus du chef de Pandours, Théodore Vladimiresco, de

  1. E slut
    La Prut,

  2. Domnule, maria ta
    Tu pe Greci nuĭ asculta
    Că cĭ capul ți-or manca
    Grecu’ĭ fiară veninoasă
    Grecuĭ boală lipicioasă
    Ce patrunde pan la oase.

    (Voir la ballade de Codréan, pag. 79.)