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Page:Alembert - Trois mois à la cour de Fréderic : lettres inédites.djvu/91

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gné le Roi de Prusse, malgré l’espèce de froid qui est encore entre les deux Cours ; je voudrais bien qu’il cessât, et assurément je pense que cela ne serait pas difficile au moins de ce côté-ci, dont je connais très bien les dispositions…

« Si Messieurs de la poste sont aussi curieux d’ouvrir nos lettres que vous le dites et que je le crois, ils sont bien payés de leur curiosité. Je serais pourtant fâché qu’ils lisent la lettre du Roi de Prusse avant vous, mais je me flatte qu’ils vous en garderont le secret ainsi qu’à moi. »

« Le 19 août 1763 (matin).

« On ne sait plus quand nous allons à Berlin, mais en revanche nous allons aujourd’hui dîner à Sans-Souci par une chaleur de tous les diables. Il me serait impossible, malgré mon attachement extrême pour le Roi, de soutenir à la longue cette vie incertaine, ambulante et fatigante ; heureusement je me porte beaucoup mieux. S’il ne va pas à Berlin dimanche au plus tard, il faut nécessairement que j’y aille lundi, car je n’ai pas de temps à perdre et peut-être irai-je demain selon les nouvelles que j’aurai aujourd’hui. »

« Berlin, le 22 août 1763.

« Avant de répondre à votre lettre d’hier, je vous apprends que je suis enfin à Berlin de ce matin, que le Roi n’y viendra que demain et que grâce à un temps abominable, j’ai quelques moments pour vous écrire.