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Page:Alembert - Trois mois à la cour de Fréderic : lettres inédites.djvu/72

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Frédéric, qui ne croyait pas à la médecine, se moquait avec d’Alembert, de l’acharnement étrange qu’on apportait en France à ces questions, et des passions politiques et religieuses qu’elles soulevaient.

Après avoir accablé de ses sarcasmes et la Sorbonne et la Faculté de théologie et le Parlement, le roi donnait volontiers à son philosophe un spécimen de ses talents variés. Tantôt il lui lisait ses poésies, que l’encyclopédiste avait la faiblesse de trouver fort agréables, tantôt il lui jouait sur la flûte des morceaux de sa composition. Mlle de Lespinasse était fidèlement mise au courant et dans les moindres détails de l’existence de son correspondant :

« 25 juillet 1763.

« Dites à M. d’Ussé que le roi de Prusse ne fait pas grand cas de la musique française et de la médecine de tous les pays, et n’en est pas moins un grand homme. Si M. d’Ussé l’entendait jouer de la flûte, il ne

    Lauraguais demanda où était le roi. L’exempt répondit qu’il était allé à Saint-Hubert chasser trois cerfs qu’il avait manqués la veille. « Que ne les faisait-il arrêter par lettre de cachet », répondit le comte. (Journal de Collé.)