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Page:Alembert - Trois mois à la cour de Fréderic : lettres inédites.djvu/70

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parle ; on voit bien qu’il est au-dessus de son sujet. Je lui parle souvent de sa santé et je lui fais des reproches du peu de soin qu’il en a, surtout par la quantité de fruits qu’il mange et qui est excessive. Dieu le conserve longtemps pour le bien de son pays et pour l’exemple de l’Europe !

« Je n’en dirai pas autant de M. de Lauraguais[1], dont les nouvelles sottises ne m’étonnent point. Sa lettre à M. de Bissy est pourtant assez bonne, du moins vers la fin. J’ai lu cette fin au Roi, qui l’a trouvée assez plaisante et qui d’ailleurs connaît bien l’auteur pour ce qu’il est, car il l’a vu ici et ne l’a que trop vu ; vous ne sauriez croire le ridicule dont cet arrêt sur l’inoculation couvre le parlement de Paris ; il ne se relèvera pas d’avoir consulté, sur une chose de cette espèce, la Faculté de théologie, qu’il a d’ailleurs si fort vilipendée. Il n’y a que la Condamine qui se soit rendu aussi ridicule par sa belle requête aux magistrats de Londres. Il est vrai que c’est la petite pièce. Avouez qu’en gros et en détail nous donnons une grande idée de nous aux autres nations. »

Indigné de l’arrêt du Parlement, M. de Laura-

  1. Lauraguais (Louis-Léon-Félicité, duc de Brancas, comte de) (1733-1824). Après avoir débuté dans la carrière des armes, il la quitta en 1758. Ses démêlés avec Sophie Arnoult sont restés célèbres. Il s’occupait de mille sujets divers et prodiguait les brochures sans compter. En 1814, il fut nommé pair de France par Louis XVIII.