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Page:Alembert - Trois mois à la cour de Fréderic : lettres inédites.djvu/41

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ses anciens projets, il caressait plus que jamais l’espoir de garder le philosophe près de lui, et, dans ce but, il ne lui ménageait ni les avances ni les flatteries ; d’Alembert s’attendait à tout moment à recevoir la proposition d’une installation définitive à Berlin. Bien qu’il fût décidé à la repousser, on comprend qu’il ne pouvait qu’être très flatté du prix que le monarque paraissait attacher à sa présence.

Le 27 juin d’Alembert écrivait encore de Sans-Souci à Mlle de Lespinasse ; il lui parlait des espérances du roi, mais en même temps il s’empressait de calmer les inquiétudes que de pareils projets auraient pu inspirer à sa jeune amie, et il l’assurait que jamais il ne consentirait à rompre les liens qui l’attachaient à Paris :

« À Sans-Souci, ce 27 juin 1763.

« Je ne vous répéterai point, pour ne pas vous ennuyer, à quel point le Roi est aimable et toutes les bontés dont il me comble. Hier, après son concert, je me promenais avec lui dans son jardin ; il cueillit une rose et me la présenta en ajoutant qu’il voudrait bien me donner mieux. Vous sentez ce que cela signifie, et ce n’est pas la première fois que ce prince m’a parlé sur