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Page:Alembert - Trois mois à la cour de Fréderic : lettres inédites.djvu/40

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« On dit que nous allons dans quelques jours à Berlin, ce sera une nouvelle matière pour notre commerce. Je n’ai vu encore qu’un moment la ville de Potsdam, qui est très belle, les rues bien alignées et bien larges, les maisons presque toutes décorées d’architecture, mais peu de monde dans les rues, où on ne rencontre guère que des soldats et des officiers. Le château est très beau et bien bâti, et annonce tout à fait la demeure d’un grand Roi. »

« Le 25. — Le Roi me paraît plus aimable de jour en jour, et dans tous nos dîners et soupers la conversation est on ne peut pas plus agréable et même fort gaie. Je me promène quand le temps le permet. M. de Breteuil a passé hier par Potsdam en revenant de Russie[1] ; il a demandé à voir le roi ; on lui a répondu qu’il était à la campagne et qu’il ne voyait personne ; c’est du moins ce qu’on dit ici, je ne suis qu’historien.

Les marques d’estime que Frédéric prodiguait à d’Alembert et dont l’encyclopédiste fait si volontiers l’énumération, n’étaient pas absolument désintéressées. Le roi n’avait pas abandonné

  1. Breteuil (Louis-Auguste le Tonnelier, baron de) (1733-1807), militaire, puis diplomate. En 1758 Louis XV l’envoya en qualité de ministre plénipotentiaire près de l’électeur de Cologne ; en 1760 il passa en Russie et il occupa successivement les postes de Stockholm, de Vienne, de Naples. En 1783 il fut ministre d’État.