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Page:Alembert - Trois mois à la cour de Fréderic : lettres inédites.djvu/25

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roi et m’a fait toutes les politesses possibles. Le roi arrivera avec le prince Ferdinand de Brunswick[1], le prince Ferdinand de Prusse, second frère du roi ; le prince royal n’y est pas[2]. On dit qu’il y a six carrosses de suite et j’espère qu’il me donnera place dans quelqu’un. On l’attend ici avec grande impatience ; il est arrivé beaucoup d’étrangers pour le voir, et toute la ville est en mouvement. La jeunesse est sortie à cheval à deux lieues pour aller au-devant de lui. Toutes les rues sont pleines d’arcs-de-triomphe, de portraits du roi, de branches de laurier et d’olivier, et d’inscriptions en latin et en allemand à son honneur et gloire… »

Le lendemain, Frédéric arrivait et d’Alembert

  1. Brunswick (Ferdinand, duc de) (1721-1792), l’un des généraux les plus célèbres de la guerre de Sept Ans. En 1757 il reçut de Frédéric le commandement en chef de l’armée de Westphalie. Il défit les Français à Crevelt, s’empara de Minden et remporta près de cette ville une victoire éclatante. En 1762 il chassa les Français de la Hesse. Après la paix il se brouilla avec le roi.
  2. Neveu de Frédéric. Le roi lui témoigna toujours beaucoup d’affection. Il le dirigea vers la carrière des armes et plusieurs fois on l’entendit dire, en voyant le courage de son neveu : « Ce jeune homme me recommencera ». Un jour, en présence du roi, le prince eut son cheval tué sous lui par un boulet : « Ah ! dit froidement Frédéric, voilà le prince de Prusse tué. Qu’on prenne la selle et la bride de son cheval. » Le prince succéda à Frédéric en 1781 sous le nom de Frédéric-Guillaume II.