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Page:Alembert - Trois mois à la cour de Fréderic : lettres inédites.djvu/21

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n’a pas fait au genre humain la centième partie du bien que Votre Majesté a déjà fait en six semaines de paix. La France, qui s’étonne encore d’avoir été votre ennemie, parle de votre gloire avec admiration et de votre bienfaisance avec attendrissement. »

D’Alembert partit pour la Prusse dans le courant de mai 1763. Il laissait à Paris sa vieille amie Mme du Deffand[1] et sa nouvelle passion Mlle de Lespinasse[2].

On se rappelle qu’en 1752 Mme du Deffand ayant ressenti les premières atteintes du mal qui devait la priver de la vue, se retira au couvent de Saint-Joseph de la rue Saint-Dominique. Elle y reçut toute l’élite de la société du dix-huitième siècle. Grands seigneurs, ambassadeurs, écrivains illustres, tous se pressaient dans son salon. Sa maladie s’aggravant, elle sentit bientôt le besoin d’avoir près d’elle une dame de compagnie qui pût la suppléer dans ses devoirs de maîtresse de maison. Il la fallait intelligente, instruite et de bonne éducation. Mlle de Lespinasse parut rem-

  1. Deffand (Marie de Vichy-Chamrond, marquise du), 1697-1780.
  2. Lespinasse (Claire-Françoise de), 1731-1776.