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Page:Alembert - Trois mois à la cour de Fréderic : lettres inédites.djvu/16

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je pourrais servir d’yeux à l’aveugle déesse et réparer au moins quelques-uns de ses torts. Je vous prie d’offrir par cette considération une pension de douze cents livres à M. d’Alembert : c’est peu pour son mérite, mais je me flatte qu’il l’acceptera, en faveur du plaisir que j’aurai d’avoir obligé un homme qui joint la bonté du caractère aux talents les plus sublimes de l’esprit. Vous qui pensez si bien, vous partagerez avec moi, mon cher Mylord, la satisfaction d’avoir mis un des plus beaux génies de la France dans une situation plus aisée… Je me flatte de voir M. d’Alembert ici, il a promis de me faire cette galanterie dès qu’il aurait achevé son Encyclopédie. »

D’Alembert accepta la pension, et l’année suivante, en 1755, se rendit à l’invitation royale ; il alla jusqu’à Wesel[1] remercier le roi ; le prince le combla de bontés et l’admit à sa table, mais l’encyclopédiste ne fit près de Frédéric qu’un très court séjour.

Les relations entre le philosophe et le monarque furent à peu près interrompues durant toute la guerre de Sept Ans.[2]

Pendant cet intervalle la réputation de d’Alem-

  1. Sur le Rhin.
  2. Ils échangèrent cependant deux lettres en 1760.