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Avec l’enthousiasme charmant de la jeunesse, elles avaient donné au jeune garçon solitaire une place au milieu d’elles, et Laurie trouvait un grand charme dans la compagnie de ces jeunes filles simples et innocentes. Il n’avait jamais connu sa mère et n’avait pas eu de sœur ; sa santé se trouva bien du nouveau milieu dans lequel il vivait. Il était toujours à faire l’école buissonnière dans la famille Marsch, et son précepteur, craignant que cela ne nuisît à ses études, fit sur ce point des rapports très peu satisfaisants à M. Laurentz.

« Ne vous inquiétez pas de ceci ; qu’il prenne des vacances, il rattrapera cela plus tard, répondit M. Laurentz. Mme Marsch est une personne judicieuse ; elle pense que Laurie a mené une vie trop renfermée, qu’il a trop travaillé et qu’il a besoin de société, d’amusement et d’exercice. Laissez-le agir à sa guise, il ne peut rien faire de mal dans le petit couvent à côté ; les exemples et les enseignements d’une mère de famille comme notre voisine lui feront plus de bien que les nôtres. »

Laurie et ses amies profitèrent de la permission pour s’amuser. Ils faisaient de bonnes lectures en commun, jouaient des comédies, représentaient des tableaux d’histoire, faisaient des promenades en traîneau ou patinaient et passaient des soirées bien agréables, soit dans le vieux parloir, soit dans la grande maison. Meg se promenait tant qu’elle voulait dans la serre et avait des bouquets magnifiques ; Jo dévorait la bibliothèque, Amy copiait des tableaux, et Laurie remplissait, à la satisfaction générale, le rôle de maître de maison.

Quant à Beth, quoiqu’elle eût une grande envie d’admirer le beau piano à queue, elle ne pouvait pas trouver le courage d’aller dans « la maison du bon-