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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/97

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CHAPITRE VI

BETH ENTRE DANS LE BEAU PALAIS


La grande maison fut réellement leur beau palais, quoique Beth trouvât très difficile de passer à côté du terrible M. Laurentz.

Lorsqu’il eut fait visite et qu’il eut dit quelque chose d’aimable à chacune d’elles, seule la timide Beth eut encore peur de lui. Une chose préoccupa pendant quelque temps les quatre sœurs : elles étaient pauvres, tandis que M. Laurentz était riche, et il ne leur paraissait pas convenable d’accepter ce qu’elles ne pouvaient pas rendre. Mais, au bout de quelque temps, elles virent que Laurie les considérait comme ses bienfaitrices, et qu’il ne pensait jamais pouvoir assez faire pour remercier Mme Marsch de son accueil maternel, et ses filles de leur société joyeuse. Aussi oublièrent-elles bientôt leur orgueil et firent-elles des échanges de bonté, sans s’arrêter à se demander qui donnait le plus.

Toutes sortes de choses agréables arrivèrent vers ce temps-là, car la nouvelle amitié poussait comme de l’herbe au printemps. Toutes elles aimaient Laurentz qui, de son côté, avait dit en secret à son précepteur, — un homme excellent et fort distingué, — que « les demoiselles Marsch étaient les meilleurs êtres du monde. »