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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/96

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yeux ? C’est à peine si vous lui avez parlé, s’écria Jo qui, elle, n’était pas du tout sentimentale.

— Ne l’ai-je pas vu à la soirée des Gardiner ? et d’ailleurs je vois bien, d’après tout ce que nous me dites, qu’il est très aimable. C’est très joli cette phrase qu’il a dite sur ce que maman lui avait envoyé.

— Il parlait du blanc-manger, je suppose.

— Que vous êtes donc étonnante, Jo ! Il parlait de vous, c’est évident.

— Vous croyez, Meg ? répondit Jo, en ouvrant les yeux comme si l’idée ne lui en était jamais venue.

— Je n’ai jamais vu une jeune fille comme vous ! Vous ne savez même pas reconnaître quand on vous fait un compliment, dit Meg, de l’air d’une personne qui croit connaître très bien toutes ces choses-là.

— Ce sont toujours des bêtises les compliments, et vous gâtez mon plaisir. Laurie est un gentil garçon, il me plaît. Nous serons bonnes pour lui parce qu’il n’a plus de mère, et il pourra venir nous voir, n’est-ce pas, mère ?

— Oui, Jo ; votre petit ami sera le bienvenu ici. Je sais qu’il est doux, poli et réservé, et j’espère que Meg se rappellera que les enfants doivent rester enfants le plus longtemps possible.

— Je ne me considère plus comme une enfant, fit observer la petite Amy. Et vous, Beth, qu’en pensez-vous ?

— Je ne sais qu’en penser, dit Beth ; j’aime mieux songer au plaisir que j’aurais à voir un jour le beau palais et le grand piano du grand-père de Laurie. »