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compliments à Laurie qu’il en fut tout à fait honteux, et que son grand-père se mit à dire :

« Assez ! assez ! jeune fille ; trop de sucres d’orge ne lui valent rien. Il ne joue pas mal, mais j’espère qu’il réussira aussi bien dans des affaires plus importantes. Vous partez ? Je vous suis très reconnaissant de votre visite, et j’espère que vous reviendrez bientôt. Bonsoir, docteur Jo. Mes amitiés à votre mère. »

Il était très aimable, mais quelque chose dans son air fit craindre à Jo d’avoir fait quelque méprise, et elle le demanda à Laurie, quand ils furent seuls.

« Non, c’était moi, répondit Laurie : il n’aime pas m’entendre faire de la musique.

— Pourquoi ?

— Je vous le dirai une autre fois. John va vous reconduire chez vous, puisque je ne le puis pas.

— Ce n’est pas la peine, il n’y a que deux pas à faire. Soignez-vous bien.

— Oui, mais vous reviendrez, n’est-ce pas ?

— Si vous me promettez de venir nous voir quand vous serez guéri.

— Je vous le promets.

— Bonsoir, Laurie.

— Bonsoir, Jo, bonsoir. »

Quand Jo eut raconté ses aventures, toute la famille éprouva le désir d’aller dans la maison à côté, car chacune se trouvait attirée par quelque chose. Mme Marsch désirait parler de son père avec le vieillard qui en parlait si bien et ne l’avait pas oublié ; Meg aurait voulu voir la serre ; Beth soupirait après le piano à queue et désirait admirer les beaux tableaux et les statues.

« Mère, pourquoi M. Laurentz n’aime-t-il pas entendre Laurie jouer du piano ? demanda Jo, qui voulait toujours savoir le pourquoi des choses.