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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/87

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tournée de visites dans le voisinage, et vous auriez tout de suite des maisons agréables où vous seriez reçus avec un grand plaisir. Quant à votre timidité, elle ne durera pas longtemps, ne vous en inquiétez pas. Je suis timide au fond, moi aussi ; mais on fait un petit effort, et c’est bien vite passé. »

Laurie rougit de nouveau, mais ne fut pas offensé d’avoir été accusé de timidité, car il y avait tant de bonne volonté en Jo, qu’il était impossible de ne pas accepter ses conseils, en dépit de leur forme originale, avec autant de cordialité qu’elle les offrait.

« Aimez-vous votre pension ? demanda Laurie après quelques moments de silence, pendant lesquels il avait tenu les yeux fixés sur le feu, tandis que Jo examinait la chambre, qu’elle trouvait tout à fait de son goût.

— Je ne vais pas en pension. Je suis occupée à soigner ma tante, qui est une bonne vieille dame, mais d’humeur assez difficile. »

Laurie ouvrait la bouche pour lui faire une autre question, quand il se rappela juste à temps que ce n’était pas poli de faire trop de questions. Mais Jo, à qui Laurie plaisait beaucoup, ne demandait pas mieux que de le faire rire un peu, fût-ce aux dépens de la tante Marsch. Elle lui fit une description très amusante de la vieille dame, de ses impatiences, de son gros chien, du perroquet qui parlait espagnol et de la bibliothèque qui avait tant de charme pour elle. Laurie riait de tout son cœur, de si bon cœur qu’une bonne, tout étonnée, vint voir ce qui se passait. Jo lui racontait précisément qu’un vieux monsieur était venu un jour demander la main de tante Marsch, et qu’au milieu d’une belle phrase, Polly, le perroquet, avait, sauté sur le monsieur et lui avait arraché sa perruque en lui criant : « Silence ! »