Ouvrir le menu principal

Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/86

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


bonté et sa voix une douceur qui ne leur étaient pas habituelles lorsqu’elle dit :

« Nous ne baisserons plus jamais le rideau, et je vous donne la permission de regarder autant que vous le désirerez ; mais je préférerais qu’au lieu de regarder à la dérobée vous vinssiez chez nous. Meg est si bonne qu’elle vous ferait du bien ; Beth chanterait, pour vous distraire, tout ce que vous voudriez ; Amy danserait devant vous ; Meg et moi nous vous ferions rire avec notre théâtre, et tous, nous nous amuserions beaucoup. Est-ce que votre grand-papa ne vous le permettrait ?

— Je crois qu’il le voudrait bien, si votre mère était assez bonne pour le lui demander. Il est moins sévère qu’il n’en a l’air et me laisse assez faire ce que je veux ; seulement il a peur que je devienne un ennui pour les étrangers, dit Laurie, dont la figure mobile s’illuminait de plus en plus.

— Nous ne sommes pas des étrangers, nous sommes des voisins, et il ne faut pas que vous pensiez que vous serez un fardeau pour nous. Nous désirons beaucoup faire votre connaissance, et il y a longtemps que j’aurais voulu la faire. Vous savez qu’il n’y a pas très longtemps que nous sommes ici ; mais, excepté vous, nous connaissons déjà tous ceux de nos voisins que notre mère a jugés pouvoir être pour nous d’aimables connaissances.

— Grand-papa vit au milieu de ses livres et ne s’occupe guère de ce qui se passe ailleurs. M. Brooke, mon précepteur, n’habite pas avec nous, il ne vient qu’à l’heure des leçons ; ainsi, je reste à la maison et je passe mon temps comme je peux.

— Ce n’est pas comme cela qu’il faut s’y prendre ; il suffirait à votre grand-papa de faire une grande