Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/63

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



— Et c’est vous qui êtes la plus désagréable, répondit Amy en effaçant, avec les larmes qui étaient tombées sur son ardoise, une division qui était toute manquée.

— Beth, si vous ne gardez pas ces horribles bêtes à la cuisine, je dirai à Hannah de les faire cuire ! » s’écria Meg en colère, en essayant de se débarrasser d’un des petits chats qui avait grimpé sur son dos et s’y cramponnait, juste à un endroit où elle ne pouvait pas l’attraper. »

Jo se mit à rire, Meg à gronder, Beth à supplier, et Amy à gémir, parce qu’elle ne pouvait plus se rappeler combien faisaient neuf fois douze.

« Restez donc tranquilles un instant, mes pauvres enfants, dit Mme Marsch en effaçant la troisième phrase de sa lettre ; il faut que ceci parte immédiatement, et je ne peux pas écrire au milieu de votre tapage. »

Il y eut un silence momentané, brisé seulement par l’entrée de Hannah qui posa sur la table deux petits pâtés à peine sortis du four, et disparut aussi vite qu’elle était entrée. Les enfants appelaient ces petits pâtés des manchons, car elles n’en avaient pas d’autres, et trouvaient fort agréable de se réchauffer les mains en s’en allant avec les petits pâtés brûlants. Aussi Hannah, quelque occupée et fatiguée qu’elle pût être, n’oubliait jamais de leur en préparer, car Meg et Jo avaient une longue course à faire et ne mangeaient rien d’autre jusqu’à leur retour, qui avait rarement lieu avant trois heures de l’après-midi.

« Amusez-vous bien avec vos chats et tâchez de vous débarrasser de votre mal de tête, petite Beth ! Adieu, chère maman ; nous sommes ce matin de vrais diables, mais nous serons des anges quand nous reviendrons. Allons, venez, Meg. »

Et Jo partit la première, en sentant que, pour cette