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empêcher de rire en le regardant. Nous avez-vous entendus ?

— Non, mais c’était très impoli. Qu’est-ce que vous faisiez cachés tout ce temps-là ? »

Jo raconta ses aventures, et lorsqu’elle eut fini, on était arrivé. Elle et Meg remercièrent beaucoup Laurie et, après bien des « bonsoir », se glissèrent sans bruit dans leur chambre, afin de ne réveiller personne ; mais, au moment où elles ouvraient leur porte, deux petits bonnets de nuit se soulevèrent, et deux voix endormies mais empressées crièrent :

« Racontez-nous la soirée ! Racontez-nous la soirée !

— C’est tout à fait comme si j’étais une grande dame, je suis rentrée chez moi en voiture, et j’ai une femme de chambre pour me déshabiller, dit Meg, pendant que Jo lui frictionnait le pied avec de l’arnica et lui arrangeait les cheveux.

— Je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de belles dames qui se soient autant amusées que nous ! Nos cheveux brûlés, nos vieilles robes, nos gants dépareillés et nos bottines trop étroites qui nous donnent des entorses quand nous sommes assez bêtes pour les mettre, répondit Jo, n’ont rien ôté de ses agréments à la soirée. »

Et je pense qu’elle avait tout à fait raison.