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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/35

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un chapitre ce matin et nous continuerons tous les jours.

— Je vous souhaite un joyeux Noël, moi aussi, mes enfants ! Je suis content que vous ayez commencé tout de suite la lecture de vos livres, et j’espère que vous conserverez cette bonne habitude. Mais j’ai une proposition à vous faire avant que nous nous mettions à déjeuner. Il y a tout près d’ici une pauvre femme qui a maintenant sept enfants. Le dernier n’a que quelques jours, et les six autres sont couchés les uns contre les autres dans un seul lit, afin de ne pas geler, car ils n’ont pas de feu. Ils n’ont rien à manger, et l’aîné des petits garçons est venu me dire ce matin qu’ils mouraient de froid et de faim. Voulez-vous, pour cadeau de Noël, donner votre déjeuner à cette malheureuse famille, mes enfants ? C’est une proposition que je vous fais, pas même une prière, encore moins un ordre. Vous êtes libres de dire oui ou non. »

Les quatre sœurs avaient très faim, car elles attendaient leur mère depuis près d’une heure ; aussi furent-elles tout d’abord silencieuses. Leur hésitation dura une minute, mais seulement une minute, et Jo s’écria :

« Quelle chance pour vos protégés, maman, que vous soyez venue avant que nous avons commencé ; le déjeuner aurait disparu !

— Pourrai-je vous aider à porter tout cela à ces pauvres petits enfants ? demanda Beth.

— C’est moi qui porterai la crème et les galettes, dit Amy, » abandonnant héroïquement ce qu’elle aimait le mieux.

Quant à Meg, elle couvrait les crêpes chaudes et empilait les rôties dans une grande assiette.

« Votre décision ne m’étonne pas, dit Mme Marsch en souriant d’un air satisfait. Vous viendrez toutes avec