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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/348

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échéant, quand un pas bien connu se fit entendre dans le corridor. Se rasseyant aussitôt, elle se mit à coudre précipitamment comme si sa vie dépendait de l’ouvrage qu’elle faisait.

Jo ne put se retenir de rire tout bas de ce changement à vue ; mais, lorsque quelqu’un frappa modestement à la porte, elle ouvrit d’un air raide qui n’était rien moins qu’hospitalier.

« Bonjour, mademoiselle ; je suis venu chercher mon parapluie, c’est-à-dire voir comment se porte votre père aujourd’hui, dit. M. Brooke assez embarrassé.

— Votre parapluie va très bien ; il est dans le vestibule, répliqua Jo, je vais vous l’apporter ou lui dire que vous êtes ici. Je vous remercie d’avoir pensé aussi à mon père… »

Et Jo, ayant bien mélangé son père et le parapluie dans sa réponse, partit afin de donner à Meg une occasion de dire sa phrase et de montrer sa dignité. Mais elle n’alla pas loin. Lorsqu’elle eut disparu, Meg se glissa vers la porte de la chambre de sa mère en murmurant :

« Mère aura du plaisir à vous voir, monsieur Brooke. Voulez-vous vous asseoir pendant que je vais l’appeler ?

— Je viens de quitter Madame votre mère, Marguerite, elle est allée prévenir et chercher M. Marsch ; ils seront ici dans quelques minutes, et j’ai la permission de vous entretenir un instant en attendant. »

« Marguerite !… » M. Brooke venait de l’appeler « Marguerite ! » Meg se mit à trembler comme la feuille…

« Rien, rien, ne dites rien, je vous en supplie, monsieur, monsieur John, avant que père et mère soient là.