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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/326

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sang bouillait encore, quel avenir vous refusez ? Ce serait si… amusant !

— Taisez-vous ! s’écria Jo en se bouchant les oreilles. Je suis venue ici pour faire de la morale et non pas pour entendre des choses qui me mettent la tête à l’envers.

— Je savais que la réflexion jetterait de l’eau froide sur mes propositions ; mais je pensais que vous aviez plus d’audace, Jo, lui répondit Laurie.

— Restez tranquille, méchant garçon, ne vous agitez pas ainsi. Au lieu d’arpenter votre chambre en tous sens, pour vous fouetter le sang, asseyez-vous et réfléchissez à vos péchés, cela vaudra mieux que d’essayer de m’en faire commettre. Si j’amène votre grand-père à reconnaître qu’il n’y a eu qu’un malentendu entre lui et vous, que vous étiez en droit de refuser de lui dire nos secrets, qui n’étaient pas les vôtres, abandonnerez-vous votre projet ? demanda sérieusement Jo.

— Oui, mais vous n’y arriverez pas, » répondit Laurie.

Il voulait bien se raccommoder, mais il prétendait que sa dignité outragée devait, avant tout, être apaisée.

« Si je peux conduire le jeune, je pourrai conduire le vieux, » murmura Jo en s’en allant et laissant Laurie étudier encore les itinéraires de chemins de fer.

« Entrez ! dit M. Laurentz, lorsque Jo frappa à sa porte, et sa voix refrognée lui parut plus refrognée que jamais.

— C’est seulement moi, monsieur, moi Jo, qui suis venue vous rapporter un livre, dit-elle hardiment en entrant.

— En voulez-vous d’autres ? demanda le vieux gentleman, qui était raide et contrarié, mais faisait tous ses efforts pour ne pas le laisser voir.

— Oui, s’il vous plaît. J’aime tant le vieux Sam, que