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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/32

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aussi leurs petits livres, dont, l’un était relié en bleu et l’autre en brun ; les premiers rayons du jour les trouvèrent assises sur leur lit, occupées à examiner leurs livres et à en parler.

Marguerite avait, malgré ses petites vanités, une nature douce et pieuse qui lui donnait une grande influence sur ses sœurs et particulièrement sur Jo, qui l’aimait tendrement et lui obéissait toujours, tant ses avis étaient donnés gentiment.

« Mesdemoiselles, leur dit-elle sérieusement, maman désire que nous lisions ces livres, que nous les aimions et que nous nous souvenions de nos lectures ; il faut commencer tout de suite. Autrefois nous ne manquions jamais à notre lecture du matin ; mais, depuis que papa est parti et que la guerre nous occupe, nous avons négligé beaucoup de bonnes habitudes. Nous ferez comme vous voudrez ; mais, quant à moi, je placerai mon livre sur la table près de mon lit, et, tous les matins, en m’éveillant, j’en lirai un chapitre ; je sais que cela me fera du bien pour toute la journée. »

Puis elle ouvrit son livre neuf et se mit à lire ; Jo, mettant son bras autour d’elle et sa joue contre la sienne, lut aussi, et sa figure mobile prit une expression tranquille qu’on y voyait rarement.

« Comme Meg est bonne ! Faisons comme elle et Jo, voulez-vous, Amy ? Je vous aiderai pour les mots difficiles, et elles nous expliqueront ce que nous ne comprendrons pas, murmura Beth, que les jolis livres et les paroles de sa sœur impressionnaient vivement.

— Je suis bien contente que mon livre soit bleu, » dit Amy.

Et on n’entendit plus dans les deux chambres que le bruit des pages lentement tournées.