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Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/314

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la crurent, je suis aussi offensée, aussi irritée de ce billet que vous avez le droit de l’être vous-mêmes.

— C’était presque son écriture, murmura Meg… Comment ai-je pu m’y tromper ? »

Et, d’une main fiévreuse, elle comparait le papier de la prétendue lettre de John avec celui du billet qu’elle venait de recevoir et qui était véritablement de lui.

« Oh ! Meg, auriez-vous répondu ? » demanda vivement Mme Marsch, qu’un soupçon subit venait d’éclairer.

Meg cacha sa figure dans ses mains, et, au milieu d’un sanglot, elle s’écria :

« Mère, j’ai eu la folie de le faire. »

Jo s’était levée dans l’intention évidente d’aller massacrer Laurie.

Sa mère l’arrêta d’un regard.

« Confessez votre faute à votre mère, ma fille, » dit Mme Marsch à Meg d’une voix triste et sévère.

Meg, sans oser lever les yeux, lui répondit :

« J’ai reçu la lettre que je viens de vous montrer des mains mêmes de Laurie ; il n’avait pas l’air de savoir ce qu’elle contenait. J’ai cru, en voyant d’abord la signature, qu’il s’agissait sans doute dans cette lettre de quelques avis que M. Brooke pouvait, du consentement de mon père, avoir voulu nous donner à toutes sur nos études. Quand j’ai vu de quoi il s’agissait, cela m’a troublée, cela m’a blessée, et enfin cela m’a fâchée. J’ai cru devoir répondre que je n’aurais dû recevoir une telle lettre que si elle avait passé par les mains et sous les yeux de ma mère ; que cela me chagrinait qu’on eût osé me l’adresser directement ; que j’étais trop jeune pour m’occuper de ce qui faisait le sujet d’une telle lettre ; que je ne pouvais avoir de secrets ni pour mon père, ni pour ma mère, et que je ne pouvais